Priceless Virginity – L’hymen au plus offrant

« Une jeune femme de 20 ans vend sa virginité pour 2,3 millions d’euros »; « Elle obtient 1 millions d’euros en échange de sa virginité ». Depuis quelque temps, le phénomène relaté de cette nouvelle forme de prostitution s’est multiplié dans la presse. Des jeunes femmes de 18 à 24 ans n’hésitent plus à monayer une nuit où elles perdraient leur virginité en échange d’une très forte somme d’argent. Un sentiment de mode se dégage de ce phénomène, mais qu’en est-il vraiment ?

Les sociologues sont les premiers à le dire : la virginité est une construction sociale. Produit d’une culture judéo-chrétienne au sein d’une société patriarcale hétéro-normée; la perte de la virginité féminine est toujours inconsciemment associée à un rapport sexuel homme-femme incluant une pénétration. La déchirure d’un hymen, le sentiment de la perte de quelque chose physiquement ressentie est toujours un symbole auquel la société patriarcale s’est empressée d’associer la pureté.

•   Une femme n’a eu longtemps de valeur que par le regard masculin sur sa sexualité créant une dichotomie très nette entre les femmes. Dans la littérature comme au cinéma, le personnage féminin joue le jeu de la binarité. Pute ou vierge il faut choisir. La modernité et l’impertinence artistique s’est fort heureusement occupée de jouer avec cette ambivalence pour créer des personnages plus complexes. Aujourd’hui encore, dans de nombreuses sociétés y compris la notre, on juge de la valeur d’une femme au nombre de ses relations sexuelles. Ce jugement est souvent inconscient parce qu’intériorisé par les individus que nous sommes, mais toujours présent.

Aujourd’hui la perte de la virginité chez la femme est encore très sacralisée. Son premier rapport doit souvent signifier quelque chose, être important parce qu’il fera date dans sa vie en tant que femme.

•   Les jeunes femmes qui vendent leur virginité sont souvent étudiantes, aspirent à une carrière, à construire une vie et voient cet afflux d’argent comme une opportunité de s’élever, un tremplin. Le million versé est une façon de s’affranchir des difficultés financières, de s’approprier une liberté qu’elles ne se verraient pas accorder autrement.
Le phénomène à provoquer moultes réactions sur les réseaux sociaux, des plus virulentes et insultantes, qualifiant les jeunes femmes de putes et de personnes déconsidérées dénuées de respect pour elles mêmes, aux plus compréhensives et intriguées.
Si le phénomène intrigue c’est surtout parce que la démarche de transaction émane des jeunes filles elles mêmes dans cette situation. Les hommes ont monnayé la perte de virginité des femmes sous couvert du mariage depuis les débuts de l’humanité. Cette pratique se maintient encore dans de certains pays, et plus exactement au sein de certaines catégories sociales. Aux États-Unis, les photos de jeunes filles posant en robe blanche avec leur père, suggérant leur soumission totale à l’autorité patriarcale avait beaucoup fait parler d’elle. La sexualité féminine n’en a jamais finie de s’affranchir des hommes. Ce qui dérange au fond ce n’est peut-être pas le fait de la prostitution, mais le phénomène d’empowerement auquel il est associé. Dans ce cas de virginité vendue au plus offrant, les femmes se sont emparées de leur sexualité et utilisent l’objectification quel les hommes ont créé, à leur avantage. Ce qui dérange c’est que les hommes ne soient plus à la manœuvre. Si ces femmes sont jugées ou décriées par certains, la clientèle est présente, la demande grossissante. Milliardaire hong-kongais ou DJ new-yorkais, les prix montent parce que les hommes sont là pour surenchérir. Les femmes utilisent un concept fictif créé par les hommes comme une source de revenu très lucratif.

•   Le phénomène nous a été aussi été présenté comme limpide, presque simpliste vu de l’extérieur, or le vide juridique qui entoure la pratique et le proxénétisme qu’il sous-tend ramène à la réalité. Ce phénomène qui nous a été présenté presque comme « trendy » par le magazine Closer après l’interview de « Jasmine » âgée de 20 ans a vendue sa virginité par le biais du site web Cinderella-escorts est symptomatique d’une génération qui dans une société moderne recours au sexe pour arriver à ses fins. Le site Cinderella-escorts est un site allemand qui propose de mettre en relation des jeunes filles vierges avec des clients, souvent très fortunées. Par le biais d’enchère, le plus offrant remporte son « gain », la jeune fille ayant, apparemment, le dernier mot. Ici commence « la zone grise » de la transaction.                                                                    Première crainte : L’investissement est si conséquent que l’on pourrait craindre que le client attende que la jeune femme réponde à ses moindres désirs, ou pire la contraigne à faire quelque chose qu’elle ne souhaite pas. Après des témoignages on sait que certaines changent finalement d’avis, quand d’autres restent en contact et choisissent de revoir le client après, de continuer la relation toujours monnayée.                                            Deuxième crainte : Si la rencontre tourne mal ou que la jeune fille ne touche pas la somme désirée elle n’est pas protégée par la justice. Pour échapper à la complexité de la justice qui punirait les clients ou engagerait des poursuites, « l’échange » s’est vu dans plusieurs cas avoir lieu à bord d’un avion privé.

Cinderella est dans une position de proxénète par la mise en avant de ses « virgins » (catégorie de leur site) et les enchères dont leur virginité est l’objet. Le site touche au minimum 20% sur la somme totale promise par le client.

Articles relatant différents cas :

http://www.midilibre.fr/2018/05/03/une-francaise-vend-sa-virginite-a-un-banquier-de-wall-street-pour-1-2-million-d-euros,1664867.php

https://fr.sputniknews.com/societe/201805021036184171-francaise-virginite-banquier-wall-street/

http://www.ohmymag.com/story/une-francaise-vend-sa-virginite-a-1-million-de-dollars_art117847.html

https://www.20minutes.fr/societe/2048147-20170411-vend-virginite-23-millions-euros-pourquoi-hommes-veulent-coucher-vierges

Rencontre et portrait : Mika Nak, la polyphonie de l’icône

C’est au Sofitel Beaujon, près des Champs-Elysées que nous retrouvons Mika Nak et ses peintures, exposées un peu partout dans le hall de l’hôtel. Sur de grandes toiles, s’affichent des portraits d’icônes connues. Frida Khalo toute de verte et de rose parée côtoie une version girly de la jeune fille à la perle.

Mika Nak peint depuis seulement 2013 en tant que professionnel « je suis encore jeune, je ne me suis pas encore stabilisé et je suis dans une constante recherche de ce que je veux représenter ». Il y a chez Mika Nak une volonté de toujours exploiter d’avantage sa façon de peindre. « À mes débuts j’avais fait une œuvre qui avait beaucoup plu, on me la demandait constamment, je l’ai refaite jusqu’à 7 fois avant de réaliser que je n’y prenais plus de plaisir ».

L’idée était de revisiter les grands artistes, Mika Nak s’amuse à peindre les jeux d’ombres et de lumières sur les visages. « J’aime jouer avec le contraste et les couleurs ». Sa peinture d’Andy Warhol sur un rouge sombre ainsi être éclairée depuis le fond, quant à sa représentation du visage sculpté de Michael-Ange, le peintre n’a travaillé qu’avec des couleurs bleues, grises et noires. « J’aime faire se rencontrer des codes urbains, ultras contemporains avec une esthétique classique. » Quand il peint La Joconde, Mika Nak s’amuse à taguer « cheeky » irrévérencieux en anglais.

 

« J’ai beaucoup grandi en feuilletant des livres d’images de la Renaissance mais mon parcours artistique est entièrement autodidacte » Avant de rencontrer l’art, il travaille dans des services comptables et financiers dans des grands groupes d’assurance, « puis je me suis tournée vers l’art et la grapho-thérapie ». Je me suis aperçu bien après que mon rapport à l’art et mon rapport à l’écriture était lié ».                                                                                                                                                                                                                                        Sur les tableaux de Mika Nak, des écritures manuscrites  se mêlent au touche de couleur. Les mots sont partie intégrante de la représentation finale, toujours liées à l’histoire même de l’icône représentée. Les traits qui composent le portrait de Van Gogh s’avèrent être des extraits de lettres à son frère. Mais sur d’autres toiles comme le portrait de Keith Haring on retrouve des paroles de rappeur tel qu’Eminem.« J’aime beaucoup les mots, l’écriture à la base c’est un dessin »

mika nak

Un Vide Dressing à Paris ?

Un vendredi soir, nous nous rendons au cœur du Marais, au 13 rue de Turenne, où s’étendent à perte de vie pour le/la chasseur.se de trésors de la mode, robes, manteaux, et chemisiers de chez Maje, Sandro, Diane Von Furstenberg, Dior, Isabel Marrant à prix cassés mais aussi sac à mains et chaussures de rêves de YSL à Hermès, tous chinés par les équipes de Dress in the City, organisateurs des évènements. Le week-end dernier du 29 mars, s’est tenu Le plus grand vide dressing de Paris, organisé par Violette Sauvage au Carreau du Temple, l’occasion de revenir sur les bonnes raisons de chiner plutôt que d’acheter neuf.

L’industrie textile est une des plus polluantes de la planète. Tous les jours, au détour d’une vitrine nous sommes susceptibles de tomber en amour devant une pièce neuve, sortie d’une toute nouvelle collection, avec de toutes nouvelles matières, à l’origine d’une toute nouvelle et récente pollution. « Oui mais je veux être bien habillé•e, au dernier cri, avec des pièces originales et intemporelles » « j’ai besoin de ce nouveau blouson/ manteau/ chemisier/ pantalon … »; vous-entends-je déjà songer. Passons outre la question qui fâche « ai-je vraiment besoin de tant de vêtements ? » et concentrons nous. Une grande dame de la mode (Gabrielle Chanel pour les intimes) a dit un jour « la mode est un éternel recommencement ». Rien ne se perd jamais vraiment (sauf l’association jean taille basse et string) et les nouvelles tendances ne sont que de vieilles recettes remises au goût du jour.

Si vous êtes d’un tempérament addictif aux vêtements, modeuses accros aux belles pièces ou parisien•ne pour qui nouvelle saison veut dire nouvelle garde-robe; votre porte-monnaie vous remerciera. En vide-dressing, négocier les prix est souvent possible. Il ne faut pas hésiter à se tourner vers les kilos-shops, vinted shop et autres friperies indépendantes que l’on peut trouver partout à Paris pour dénicher la pièce à prix abordable dont vous rêvez tant.

• Pour être branché, portez du vieux. Le vintage et la seconde main sont l’avenir de votre dressing. Regardez ce que vous pensiez être les vieilleries de votre placard avec un œil nouveau, car ce qui était en vogue il fut un temps le sera sûrement de nouveau les jours prochains. Si le désir absolu d’un nouvel achat est trop puissant, avant de craquer sur une pièce de nouvelle collection, un manteau en cashmere bleu de chez Maje au hasard, allez faire un tour aux vides dressings de Dress in the City pour y dénicher de belles pièces que vous serez en plus sûr•e de ne pas voir en terrasse la semaine suivante !

 

La playlist du week-end

À l’occasion des Victoires de la musique, dont Orelsan ressort grand roi de l’année, Solange et Simone vous ont concocté une petite playlist du week-end, de quoi se caler sous un plaid avec un thé, de bouger vos fesses en faisant la vaisselle ou même d’affronter le froid avec détermination.

À 9h33, on écoute POLO & PAN – Plage isolée
Musique qui semble sortie tout droit d’un tableau de Gauguin, Polo & Pan est parfait pour une matinée au chaud avec une café, à regarder tomber la neige au dehors. Suffisamment rythmée pour vous motiver à aller enfiler un sweat pour aller courir, mais bien assez posée pour pratiquer votre yoga de début de week-end, au milieu du studio (en poussant les meubles on y arrive). Un peu perché et exotique POLO & PAN vous donne envie de chanter area area joyeusetés.

À 11h58, on écoute Léa Paci – Adolescente Pirate
Avec sa voix douce, Léa Paci vous chuchotera avec le sourire des images de votre quotidien et de vos rêves de voyage. La jeune fille joue avec les métaphores et les oxymores sur un beat léger, pour vaporiser sur notre routine parisienne un parfum d’évasion. La piraterie a du bon avant de passer à table !

À 15h55 on écoute Petite Meller – Baby Love
Petite Meller vous embarque dans son univers loufoque à base de (beaucoup) de blush, de girafe et de danse (en culotte) de bonne humeur. Vous pourrez chantonner baby loooooove entre deux pérégrinations de la journée, parfait pour aller goûter.

À 18h02 on écoute Columbine – Temps Électrique
À l’approche de la fin de journée et peut-être de la moitié, voire fin du week-end, il est temps de se plonger dans le son rap d’une jeunesse un peu insolente. Leurs voix douces, l’autotune bien géré et les textes de qualité sont le combo parfait qui fait de Columbine un de nos groupes cloud rap favori du moment. Avant de vous préparer à sortir, écoutez ces Enfants Terribles (nom de leur dernier album) vous dire « maintenant que je suis invité, je veux plus venir à vos fêtes ».

À 22h41 on écoute …
Pale Waves – Television Romance
Si vous sortez danser en robe pailletée c’est le DJ qui fera le job, et il est probable de vous retrouver à vous mouvoir sur du Camilla Capello, en hurlant Havanaaananana. Si c’est vous le DJ en revanche n’hésitez pas à passer Pale Waves – Television Romance, vous aurez l’impression d’être dans une salle de concert en plein Manchester, d’où le groupe est originaire. Un bon rock n’ roll British n’a jamais fait de mal à une soirée.
Her – We choose
Pour une soirée cocooning avec un livre ou un bon fond musical lors de votre dîner à la maison, n’hésitez pas à vous laisser porter par la mélodie vaporeuse, rythmée des claquements de doigts dont le groupe Her a fait sa spécialité. La tonalité tragique de la musique est portée par la récente perte d’un des membres du groupe, à qui les paroles sont destinées; ce qui en ressort est magnifique.

• À 23:59
Vous êtes encore levé ? Allez écouter Infinite Bisou – Love Sick, avec un peu de chance vous fermerez les yeux sur ce son mi perché mi posé, sorte de poème que l’on peut imaginer parfait pour encaisser une rupture amoureuse.

Les péripéties du brunch parisien

Mais que faire un dimanche matin, exténué.es que vous êtes d’avoir enchaîné les expos, le boulot, le métro et le peu de dodo que vous offrent vos semaines bien remplies ? Allez bruncher biensûr ! vous répondront les unanimes parisiens. Le monde merveilleux du brunch semble plein de promesses. Tous les délices d’un petit déjeuner et d’un goûter, britannique, espagnol ou français s’offrent à vous à l’heure que vous voulez; (la grasse matinée s’envisage sans peine, vous pourrez paresser jusqu’à 13 heures de façon décomplexer si ça vous chante). Seulement voilà, quel est le meilleur plan pour bruncher dans Paris ?

• Pour les petits budgets :

LE POUTCH 
Un brunch complet et équilibré pour une addition peu salée ! Vous aurez le choix entre une délicieuse tortilla de légumes, une salade bien complète ou des scones accompagnés de beurre et de confiture pour les plus gourmands. L’ambiance détendue et animée de l’endroit est idéal pour un brunch bien complet entre amis, pour un petit budget avoisinant les 12 € !

Le Poutch
13 rue Lucien Sempaix
75010 Paris

• Pour un peu d’originalité :

 

LE FRIC-FRAC
Dans l’imaginaire collectif, un brunch c’est surtout du pain grillé avec des oeufs et du jambon non ? Pourquoi ne pas aller déguster un bon croc-monsieur en guise de brunch au 79 Quai de Valmy. Leurs produits frais et de qualité, comme leur délicieux pain réalisé par un MOF (Meilleur Ouvrier de France) ne manqueront pas de vous ravir ! Et ce pour un budget en 12 et 15€.

Fric-Frac
79 quai de Valmy
75010 Paris

• Pour les plus gourmand.e.s :

HOLLY-BELLY
Pour les adorateurs de pancakes et du petit-déjeuner aux bonnes odeurs de confiture et sirop d’agave, le holly-belly est un paradis. Sur de larges tables de bois, vous pourrez vous faire servir, en anglais, une belle pile de pancakes accompagnés d’œufs et de bacon. Pour les plus healthy d’entre vous, ou tout simplement vegans, n’hésitez pas à commander le pudding aux graines de chia accompagné de fruits frais. Comptez entre 9 et 13,50€ pour ressortir la peau du ventre bien tendu ! (Victime de son succès, à Holly Belly, l’attente peut-être un peu longue avant d’entrer)

Holly-Belly
5 rue Lucien Sempaix
75010 Paris

• Pour les plus trendy d’entre vous (et autres instagram addict) :

SEASON
Season est devenu la référence du moment en matière de brunch original. C’est l’endroit où les plus lookés de la fashion week vont déjeuner entre deux défilés. Courrez goûter leurs tartines d’avocat et salades au saumon pour un brunch sain et complet. Et n’oubliez pas de prendre votre belle table de brunch pour la poster sur Instagram. Glissez 20 € dans votre porte-monnaie pour y satisfaire pleinement vos papilles !

Season
1 rue Dupuis 75003 Paris
8 rue Du petit Thouars 75003 Paris (À emporter uniquement)
98 rue de Turenne 75003 Paris

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De l’art et la manière de tenir son blog… ou pas

Ah, qu’il a été périlleux ce mois d’octobre. Prises dans la frénésie de la vie parisienne, Solange et Solange ont manqué à tous leurs devoirs. Incapable de publier ne serait-ce qu’un petit article, et ce n’est pas faute d’avoir cherché la motivation, cette plateforme a dû sembler bien abandonnée. Le virus de la procrastination semblait s’être emparée de nous et dans les méandres automnales d’un mois d’octobre tantôt ensoleillé tantôt hivernal, ni l’une ni l’autre n’avons trouvé la force de nous consacrer à ce blog. Mais ce temps est révolu, nous revoilà d’attaque, motivées comme jamais ! Entre la province et Paris, on vous dit à très vite !

On est vraiment allée voir ÇA ?

Quand on a su que Xavier Dolan avait déclaré « Ça, meilleur film du siècle », le choix de notre toile de la semaine s’est imposé comme une évidence. Solange et Simone se devaient d’aller voir le clown qui fait « bouh! ».

C’est une bien belle plongée dans le monde du cauchemar que nous a offert le film d’horreur, actuellement en tête du box-office français avec 60 millions d’entrées. Esthétique affirmée, apparence du clown repensée… le nouveau visage de ÇA fera d’avantage que vous crisper. Le film a su se moderniser, supprimer les longueurs qui furent celle de la première version. Au delà d’un simple film qui fait peur, ÇA prend les traits d’un conte avec son univers propre, presque onirique ponctué de jump scare parfois attendu. Le spectateur se retrouve dans un flashback nostalgique des années 80, au coeur d’une petite ville américaine. Par bien des aspects l’atmosphère pourrait rappeler celle de Stranger Things (série Netflix), et la présence au casting d’un de ses acteurs n’y est sûrement pas pour rien.

Parlons casting justement, les acteurs sont bons, face à la candeur du jeu se mêlant à l’impertinence des débuts de l’adolescence le spectateur s’attache vite à la bande. On regrettera cependant cette fin un peu facile, qui s’est très vite transformée en « mission sauvetage d’une demoiselle en détresse ».  Les blagues immatures permettent de détendre l’atmosphère quand les cauchemars de chacun ne viennent pas hanter l’écran. Les mauvais rêves et créatures qui représentent les peurs de chacun font cependant pâle figure face aux vraies horreurs de la réalité bien présente dans le monde des adultes, de la mère castratrice au père animé de désirs incestueux, ÇA peut se targuer de nous rappeler que les vraies choses à craindre sont celles de la réalité. La vraie horreur est dans la vie de tous les jours, dans le quotidien des enfants que les adultes ne protègent pas.

Signé Solange

On a (enfin) vu 120 battements par minute

Paris, jeudi 19h, MK2 Bibliothèque

Encore bouleversée je sors de la salle, yeux embués, souffle coupé, j’ai sûrement manqué plusieurs respirations durant le film. 120 battements par minute tient en haleine du début à la fin. Le film est vrai, d’une vérité qui frappe en plein coeur.

Le talent du film est dans la simplicité de son militantisme. La caméra nous ramène au plus proche des personnages, on tremble et on a peur, on danse, on manifeste et on fait l’amour avec eux mais surtout on respire avec eux. Parce que le sida n’est jamais très loin de ces homosexuels, séropositifs ou pas, engagés dans un combat contre les laboratoires qui profitent d’une maladie « tuant dans l’indifférence générale depuis plus de dix ans », le spectateur a peur que chacune de leur respiration soit la dernière.

Plus terrifiant encore, le film ne s’ancre pas dans son époque. C’est pourtant dans les années Mitterand qu’il se déroule. Parce que le film ne s’ancre pas dans une époque il est un vrai témoignage de la réalité. Celle d’hier et d’aujourd’hui. Celle d’une prévention et d’une sensibilisation insuffisante auprès des jeunes quant à la sexualité, les maladies, les risques, les droits. Il est toujours d’actualité et c’est aussi sûrement ce qui doit nous faire peur.

120 battements par minute est un film grand. Témoignage bouleversant des activistes « Act Up ! »  cette oeuvre nous laisse l’impression d’un combat qui ne doit jamais être abandonner.

Signé Solange.

Rencontre aux jardins du Luxembourg _______________________________ou comment on a fait la connaissance de Marie-Christine

12h04, Paris, Quartier Latin.

La couleur du ciel est grise, l’humeur aussi. Pour profiter du temps libre que nous offre la pause méridienne, le mieux quand on est dans le quartier, c’est d’aller manger aux jardins du Luxembourg. Un peu de verdure, un peu de passants, et des chaises à pertes de vues pour y poser ses pieds chaussés dans des Nike air max roses framboises; enfin ça c’est quand on s’appelle Simone.

Nous voilà posées, moi et ma pote, sur les dossiers de métal vert, entre les fleurs et le point d’eau, vue sur le château. Entre deux bouchées de boulgour à l’oriental-courgettes sortant d’un petit tupperware préparé la veille, on parle d’avenir et d’orientation. Discussion assez classique de deux étudiantes au parcours littéraire : « moi ce que j’aimerais c’est être fondamentalement tournée vers le culturel, j’aimerais organiser des expos… ou bosser dans la communication, je me laisse trois ans pour voir où ça va et sinon je passe l’agrégation ». Doute soudain en mon fort intérieur… passer l’agrégation ? Enseigner ? C’est pas pour moi. La discussion se poursuit « être enseignant quel métier passionnant, tu n’es pas d’accord Simone ? » Moue dubitative, voilà un milieu dans lequel je ne me vois pas, le journalisme c’est d’avantage ma came…

«  – excusez moi jeunes filles je me permets de vous interrompre, j’entendais que vous parliez du métier de prof ». Entrée en scène de Marie-Christine, mamie stylée au look rock’n roll qui nous parle de son expérience en tant qu’ancienne prof. Marie-Christine a vu tant de chose, elle a travaillé au Portugal, au Brésil, dans le journalisme, dans l’édition, et a enseigné le français, le portugais. Elle est un peu de cette image qu’on a des anciens. Ceux qui ont connu la vie, qui ont déjà fait les erreurs que nous ferons. Ceux qui gardent avec malice, les secrets des embûches de l’existence humaine que nous traverserons tous.

La conversation prend le tournant de la place de la femme dans notre société actuelle, patriarcale, hypocrite. Doux féminisme quand tu nous tiens. « Mais vous, jeunes filles, votre point de vue m’intéresse. Qu’avez vous à dire du statut des femmes aujourd’hui ? » La bombe est lâchée, Marie-Christine tu m’as lancée.

Si tu savais Marie-Christine tout ce que j’ai à dire. Je pense que la considération de la femme dans la société s’est dégradée. En même temps qu’on s’émancipe, certains veulent garder une supériorité, une main de pouvoir sur nos libertés les plus évidentes. Même si on a bien progressé, il reste tant à faire. Il reste à insuffler le respect de tous les hommes envers toutes les femmes, de toutes les femmes entre elles, de tous le monde envers tout le monde. Je lui parle de tout, je parle des regards qu’on pose sur moi qui me dégoûtent, je parle de celles qui se font toujours agresser, rabaisser, violenter. Je parle de celles qu’on veut faire taire. Marie-Christine, est-ce que tu le vois, toi que notre liberté elle est restreinte et tenue en laisse dans les mots et les regards de certains.

Est-ce que tu sais que la plupart du temps, quand je me dis « libre »  on me dit « pute » et que même quand je « pute » on me dit que je devrais pas parler comme ça ?

Est-ce que tu sais que quand je dis que j’ai peur de rentrer la nuit toute seule, que j’ai peur en permanence dans les transports, dans la rue, qu’on se frotte à moi, qu’on me touche, qu’on me m’aborde; on me répond que tous les hommes sont pas comme ça #notallmen et que c’est aussi à moi de faire attention ?

Est-ce que tu sais que ma parole sera remise en cause quand j’ouvrirais ma gueule sur le sexisme au nom d’une mauvaise foi ou d’un déni qui sera celui d’une paresse intellectuelle, de ceux qui ferment les yeux ?

Avec Marie-Christine on a parlé encore de temps de chose que ça tiendrait dans un roman. On a parlé d’ego, de Lacan et de Bourdieu, de société, de l’amour et de la haine, des blessures qui empêchent d’être soi-même, des études et de l’avenir, et de l’argent aussi. Parce que la vie à Marie-Christine, ne lui a pas fait de cadeaux, et aujourd’hui sur un petit cahier elle compte ses sous pour finir le mois. Elle nous a tellement kiffées, ma pote et moi qu’on a échangé nos coordonnées.

Alors promis Marie-Christine, la prochaine fois qu’on se voit pour parler de la vie, je te paye un café.

Simone

 

Mais qui sont-elles ?

-C’est vrai ça qui sommes nous ? Qui suis-je dans l’étendue de cette immensité                     qu’est le monde ?

-voilà qu’elle commence à philosopher, on est pas sorti de l’auberge. Pour faire les choses simplement, je suis Simone et mon acolyte blogueuse qui a la tête dans les nuages, c’est Solange.

Bienvenue sur notre blog ! Ici on parlera de tout mais surtout de

  • Mode
  • Danse
  • Cinéma
  • Littérature

… et ça sera souvent signé Solange

  • Sorties et déambulations
  • Actualité
  • Expos et déambulation dans les musées

… et ça sera souvent signé Simone.

Solange aime lire, Solange aime peindre, Solange aime la danse et a un goût prononcé pour les ballets de l’Opéra de Paris.  Solange est souvent perchée sur des chaussures à talons avec lesquelles elle arpente le pavé parisien. Solange voudrait écrire, sur la vie, sur les gens, qu’elle aime et qu’elle a aimé surtout. Elle est l’artiste, l’écrivain, et partout où elle flâne, pose un regard doux et onirique sur le monde.

Simone est parfois grande gueule. Elle aime sortir de jour comme de nuit, dans les musées comme sur les toits de Paris. C’est avec un regard acerbe mais bienveillant qu’elle parler de l’actualité, de sa vision du monde. Simone aimerait toujours que les choses changent, c’est sûrement pour ça qu’elle aime quand tout va vite. Elle a un avis sur tout (ou presque) et c’est dans le monde du journalisme qu’elle aimerait l’épancher. Avec la dernière paire de sneakers aux pieds, elle court partout dans la ville lumière; comme pour ne rien manquer de la réalité.

Solange et Simone sont des femmes occupées, des femmes qui rêves, qui pleurent, des femmes qui rient et qui boivent, qui chantent et qui dansent. Des femmes qui aiment s’habiller, se pomponner, se maquiller, mais aussi traîner à la maison en petite culotte toute la journée. Elles sont un peu toutes les femmes mais aussi une seule à la fois, comme des diamants aux milles facettes, on a jamais fini de les découvrir. Parfois le duo boit du vin dans ce petit appart parisien en se disant « quand même on a la belle vie », et elles rient, elles rient…

Solange et Simone sont étudiantes et impertinentes, des rêves d’avenir plein la tête elles espèrent que ce blog vous plaira de tout coeur, parce qu’il est fait avec amour, et bonne humeur.

On vous embrasse 🍋